Compte-rendu administratif et financier 2015

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  • Discours de M. Thierry Apothéloz prononcé par Monsieur Thierry Apothéloz, Président, lors de l'Assemblée générale ordinaire du 24 septembre 2017 à Bernex

Lors de ma dernière prise de parole devant une telle assemblée, j’ai tenté de dresser un parallèle entre politique genevoise et musique lyrique. On m’a par ailleurs rapporté que ce discours n’avait au final pas été parfaitement compris, raison pour laquelle, je vous le promets, je bannirai désormais les métaphores hasardeuses et les paraboles absconses de mes interventions politiques !
 
Je me contenterai donc aujourd’hui d’imager mon discours avec des références plus simples, celles de la météo !
 
Je rassure tout de suite celles et ceux qui pensent que je vais débiter de longues tirades sur le réchauffement climatique ou m’ériger en donneur de leçons sur le choix des modes de transports.
 
Non, je vous parlerai simplement des prévisions météorologiques politiques pour les mois et années à venir, en fonction de l’interprétation que j’en ai et qui, je l’espère, seront partagées au sein de cette assemblée.
 
Le ciel paraît donc dégagé, et il n’est pas vain de dire que nos relations avec le Président du Conseil d’Etat sont pour l’instant au beau fixe. La LRT a profité d’un été chaud et radieux pour doucement mûrir et porter ses fruits que nous n’allons d’ailleurs pas tarder à recueillir. En espérant qu’ils n’auront pas un goût trop amer et qu’on ne nous aura pas trompé sur la marchandise.
 
Ceci dit, le ciel bleu, à Genève, on le sait, peut parfois vite laisser la place à de violents orages, et il ne tient qu’à nous de faire en sorte qu’une bise rafraichissante les tienne pour longtemps hors de portée de l’azur.
 
Le dossier du transfert des CO aux communes, par exemple, est un dossier dont nous savons qu’il peut faire rapidement tomber la foudre et se transformer même en ouragan.
 
Et puis, à Genève, on le sait également, les pires moments de l’année arrivent lorsqu’il y a le stratus, ce nuage brumeux et cotonneux qui fait malheureusement tant partie de notre culture que les service du Canton ou de la ville de Genève ont même eu la drôle d’idée d’appeler ainsi l’un de leurs derniers logiciels. C’est dire…
 
Ainsi, le stratus, c’est ce qui nous guette lorsque nous ne voulons ou ne pouvons prendre de la hauteur. Et pour sortir la tête du nuage, il faut savoir parfois grimper les rudes pentes de la sagesse. Des pentes particulièrement escarpées sur certains dossiers – et je cesse là les métaphores météorologiques pour revenir aux questions politiques qui nous préoccupent.
 
Vous le savez aussi bien que moi, les enjeux auxquels nous sommes toutes et tous confrontés, en tant que magistrates et magistrats  communaux, sont aujourd’hui vastes.
 
Sur certains de ceux-ci, nous avons une prise directe.
Notre mandat est d’y faire face avec courage et détermination et en lien directement avec nos prérogatives communales : action sociale, petite enfance, mobilité, sports, culture, aménagement.
 
Dans ce cadre là, il n’y a généralement aucun problème : les communes connaissent leur travail et le font généralement avec compétence, engagement et conviction.
 
Vous aurez en effet probablement relevé qu’il figure désormais dans les tâches des communes le soutien aux seniors et l’accompagnement du processus de vieillissement inéluctable que connaît notre population.
 
Vaste enjeux que celui-là, qui concerne peu ou prou tous les domaines de l’intervention publique.
 
Cette nouvelle tâche, décidée dans le cadre d’un dialogue constructif avec le canton, nul doute que nous saurons nous y employer comme il se doit.
 
Ne sous-estimons pas le défi qu’elle représente, tant il est vrai que, d’ici 15 ans, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus va doubler.
 
Dans 50 ans, il est prédit que la moitié des habitantes et des habitants de ce pays auront plus de 70 ans et qu’il faudra bien avant repenser l’ensemble de nos politiques – communales, cantonales et fédérales – à destination de la vieillesse.
 
Et puis, bien sûr, il y a les enjeux qui nous échappent, ceux sur lesquels nous n’avons finalement que peu de prise, ceux qui vont durablement et profondément modifier notre horizon.
 
Bien souvent nous sommes contraints de jouer les spectateurs et non les acteurs. Les modifications législatives en matière de droit du travail, de droit du bail, du droit des étrangers, de protection sociale se décident même plus souvent à Berne qu’à Genève. Ces modifications fédérales ont un impact direct sur notre activité quotidienne.
 
Charge à nous de savoir anticiper au mieux ces bouleversements et de faire au mieux pour toujours servir comme il se doit la population qui nous accorde sa confiance.
 
Certes, nous ne sommes pas toujours bien armés pour le faire et si chaque commune porte en elle le sceau de la proximité et du contact direct avec sa propre population, nul n’ignore à l’évidence que les moyens qu’elles peuvent ou veulent déployer différent considérablement d’une commune à l’autre.
 
C’est la raison pour laquelle, dans les années, à venir, ces années qui s’annoncent pleines d’incertitude, je plaide ici pour le renforcement d’une solidarité intercommunale.
 
Non pas seulement une solidarité basée sur les seuls critères financiers, mais une solidarité de fond.
 
Une solidarité qui ne se limite pas aux mutualisations de moyens ou à la réduction d’échelle, mais une solidarité basée sur l’échange et le partage des bonnes pratiques, des bonnes idées et des projets qui fonctionnent.
 
Entendez par là que je milite activement pour une meilleure connaissance du travail que font les uns et les autres sur les domaines d’action qui sont les nôtres.
 
Combien sommes-nous, communes limitrophes les unes des autres, à ignorer ce que font leurs voisines ? Combien sommes-nous à réfléchir souvent sur les mêmes problématiques, chacune dans son coin, sans avoir l’idée d’échanger avec d’autres ? Combien sommes à-nous à penser d’abord en termes de frontières communales, plutôt qu’à embrasser une vision territoriale qui, comme pour nos habitants, fait souvent fi des frontières politiques et administratives ? Les six commissions internes thématiques ACG créées depuis un an nous y aideront certainement.
 
C’est le rôle premier d’une association, telle que la nôtre, de favoriser l’intercommunalité, le partage de savoir et l’échange d’expériences.
 
Osons aller chercher chez les autres les idées ou projets qui ont fait leurs preuves.
 
Après tout, nous sommes des services publics et j’imagine mal nos collectivités breveter ou privatiser des projets. Au contraire ! Quelle plus belle preuve d’intelligence politique que de s’inspirer de ce qui marche ailleurs. Et quel plus beau motif de fierté, lorsque ce sont les autres qui vous imitent et s’inspirent de vos propres réalisations ?
 
Pour ces fameux enjeux qui nous attendent, je plaide aujourd’hui pour un renforcement de l’intercommunalité et de la mutualisation de l’intelligence collective.
 
Notre association est forte, c’est vrai. Nos membres, individuellement, doivent aussi l’être. La légitimité de notre action politique, le renforcement de notre rôle premier de proximité, l’efficacité de notre action quotidienne, est à ce prix. J’ai acquis la conviction que si l’on ne va pas vers l’autre, le pouvoir ne sert à rien.
 
J’aspire à ce que le Canton puisse toujours nous en donner les moyens.
 
En regardant vers l’avenir, les communes genevoises deviennent ainsi le soleil des genevoises et des genevois.

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Rapport de gestion 2006.pdf34.32 Ko
Rapport de gestion 2005.pdf33.47 Ko
Rapport de gestion 2004.pdf54.53 Ko
Rapport de gestion 2003.pdf43.97 Ko
Rapport de gestion 2002.pdf38.09 Ko